Philosophie et sciences humaines.

 

 

La philosophie est seule à développer certaines aptitudes comme la recherche du sens humain, l'analyse d'une prise de position de principe et la critique de la pensée.

Les sciences exactes, les sciences humaines et les techniques développent sans doute des aptitudes mentales comme la précision du langage et de la pensée, la cohérence intellectuelle, l'exigence d'objectivité, la conformité de la pensée au réel, la créativité intellectuelle, etc. Mais on ne peut demander aux sciences d'avoir une intention de pensée autre que celle impliquée par la méthode scientifique. En raison de cela, la connaissance scientifique est de sa nature même parcellaire et éphémère; au bout du compte elle doit faire appel à la philosophie, compte tenu des nombreux problèmes humains que pose son développement même. Seule la philosophie a une intention de pensée qui implique la totalité d'un objet de réflexion.

La connaissance scientifique est toujours parcellaire, parce que la science découpe son objet, le réduit à un mécanisme dont elle cherche les lois de fonctionnement. Par contre, il est certain que les découvertes scientifiques importantes influencent grandement les conceptions de la vie, de l'homme et de la femme, de la société et de l'univers. Au fond, la science influence la philosophie puisqu' elle constitue l'une des sources de la philosophique, mais elle ne saurait s'y substituer.

D'autant plus que ses connaissances sont souvent éphémères, puisque la science évolue. Robert Oppenheimer soutenait que ce que nous apprenons lorsque nous sommes sur les bancs de l'école, n'est déjà plus vrai lorsque nous sommes sortis de l'école. Ces connaissances apportent sans doute un éclairage intéressant aux réalités de l'homme, mais elles ne sauraient être considérées comme appartenant à la formation fondamentale.

Enfin, il faut dire que le savant a besoin de la philosophie non pas pour mieux faire sa science, mais pour donner un sens à ses recherches. Ainsi, par exemple, devant certaines recherches scientifiques sur les embryons humains, techniquement possibles, le savant s'interroge sur le sens profond de ses activités et sur les valeurs qu'elles impliquent.

 

Mise à jour 23 avril 2004

Claude COLLIN