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Conférence prononcée à Rennes, le 6 /11/1997 Par Michel Brochu
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I- INTRODUCTION
L'exposé qui suit portera sur ce territoire appelé Nouveau-Québec depuis 1912 et qui a une dimension deux fois supérieure à celle de la France. Par commodité, j'ajouterai l'ancien territoire de Mistassini avec 3 postes ou villages cris.
Ce territoire qui a une densité de population à l'intérieur des terres de moins de 1 habitant au km2 a une population côtière d'environ 2500 Esquimaux et 12000 Cris.
J'esquisserai à la suite les très grands traits de l'histoire du Nouveau-Québec et donc de deux peuples précités dans le domaine de la Préhistoire, dans les domaines militaire, religieux, économique et administratif, avec une vue abrégée sur l'aspect culturel.
II- PRÉHISTOIRE ET AUBE DE L'HISTOIRE
Les Cris et les Esquimaux sont installés au Nouveau-Québec depuis probablement plus de 12 millénaires. Comme ces deux grandes ethnies n'avaient pas de mode d'écriture, elles n'ont donc laissé aucun vestige écrit, aucun véritable vestige architectural avec des matériaux aussi fragiles et transitoires que les blocs de neige des iglous ou les peaux, l'écorce ou les branches servant à la construction des tentes estivales. Il existe, cependant, de nombreux pétroglyphes qui sont en cours d'inventaire, ne connaît pas l'âge.
L'Aube de l'Histoire se situe au tout début du XVIIe siècle, avec la découverte en 1609 de la mer d'Hudson et de la baie James, par Henry Hudson qui avait découvert le site de New-York et remonté le fleuve Hudson, quelques années auparavant ; ce dernier avait été suivi en 1610 par Samuel de Champlain qui était à la recherche du passage du nord-ouest. Mais jusqu'à la fin du XVIIe siècle aucun établissement français ou anglais n'avait suivi ces premières reconnaissances. Les Cris et les Esquimaux vivaient alors en quasi-autarcie économique.
III- L'Histoire militaire
Avec l'Histoire militaire commence l'Histoire véritable du Nouveau au sens classique du terme.
Durant la dernière décennie du XVIIe siècle, les Français de Nouvelle-France avaient établi quelques comptoirs de fourrure sur les rives de la baie James ; de leur côté, les Anglais firent de même, sur les deux rives de cette même baie. Le conflit commercial devint un conflit militaire où s'affrontèrent durant plus d'une décennie les marine anglaise et française, cette dernière étant sous le commandement d'un chef de guerre remarquable Pierre Lemoyne d'Iberville. En 1710, d'Iberville avait maîtrisé et conquis tous les forts anglais, sauf un du côté de l'Ontario, et s'était assuré du contrôle de la mer d'Hudson et de la baie James.
Très malheureusement sur d'autres champs de bataille en Europe, notamment, de même qu'en Acadie et à Terre-Neuve, le sort des armes fut à la France contraire et, en 1713, le traité d'Utrecht apporta un règlement général au contentieux franco-anglais. La France y perdit le fruit de ses victoires dans la baie James et celui de l'exploitation de ceux-ci.
On remarquera que le Nouveau-Québec esquimau (et par définition les Esquimaux), n'a pas été impliqué dans ce conflit bien que ceux-ci aient été témoins d'au moins une bataille navale franco-anglaise.
Quant aux Cris, chez qui se déroulait l'essentiel des hostilités, ils n'ont combattu ni avec les Français ni avec les Anglais et ont, semble-t-il, été les témoins passifs de ces affrontements ; mais ils apportaient leurs fourrures, néanmoins, à qui était maître du comptoir.
Ainsi s'est terminée l'Histoire militaire du Nouveau-Québec et, même au cours des conflits franco-britanniques qui se poursuivirent, jusqu'en 1760 en Nouvelle-France contre l'Angleterre et la Nouvelle-Angleterre, les eaux et les côtes du Nouveau-Québec ne connurent plus de conflit armé ; les engagements militaires anglo-amérindiens postérieurs n'ont pas débordé non plus au Nouveau-Québec.
Mais la rivalité franco-anglaise n'y était pas terminée et des affrontements d'une autre nature étaient comme en réserve pour l'ultime moitié du XXe siècle.
IV- Histoire commerciale
Après la signature du Traité d'Utrecht, la compagnie de la Baie d'Hudson se vit attribuer toute autorité sur les territoires nouvellement conquis.
L'Histoire économique semblait devoir se dérouler comme un perpétuel âge d'or de façon linéaire sous la tutelle de la déjà prestigieuse Compagnie de la Baie d'Hudson, mais cette situation rêvée a été troublée en 1903 et au cours des années suivantes, par l'implantation d'une douzaine de comptoirs de la compagnie Revillon Frères de Paris, qui est presque aussi ancienne que sa rivale, puisqu'elle a été fondée en 1723. Ce fut. , Dès le début, une lutte à finir entre les deux compagnies.
La compagnie Revillon s'installa à la fois aux mêmes endroits que sa rivale et aussi en des points où la compagnie de la Baie d'Hudson était absente, donnant beaucoup de fil à retordre à cette dernière par ses tactiques déroutantes. Elle s'installa tant au Nouveau-Québec indien qu'au Nouveau-Québec esquimau.
Mais la crise économique de 1929-1938 et d'autres circonstances aidant, la compagnie de la Baie d'Hudson l'emporta dans ce duel, en acquérant en 1936, les actifs de la Revillon Frères au Québec et en Ontario. La compagnie Revillon ne conserva en Amérique du Nord et jusqu'à nos jours que son comptoir de New-York.
Ce combat d'un tiers de siècle terminé en faveur de la compagnie de la Baie d'Hudson, celle-ci pouvait espérer régner en reine et maîtresse sur le commerce des fourrures et sur le commerce tout court au Nouveau-Québec, mais elle eut à faire face à une concurrence fractionnée cette fois, d'une petite compagnie, la Baffin Trading Company sur le détroit d'Hudson, et de nombreux traiteurs libres répartis essentiellement du Sud de la Baie James au Lac Guillaume-Delisle à proximité de la mer d'Hudson.
Ces rivaux dispersés et assez mal organisés ont finalement laissé le champ entièrement libre à la compagnie de la Baie d'Hudson entre 1950 et 1960.
Cette nouvelle perspective de rester seule maîtresse du terrain a tourné court à partir de 1959, en raison de l'installation au Nouveau-Québec d'une première coopérative affiliée au Mouvement Coopératif Desjardins.
Le mouvement coopératif intégrant ou combinant des coopératives de consommation et de production et des caisses populaires a essaimé dans plusieurs des postes du Nouveau-Québec esquimau. Mais le succès fut. médiocre au Nouveau indien.
Parallèlement au développement du mouvement coopératif un autre événement mondial celui-là a causé la chute verticale de la fourrure, de phoque particulièrement, et aussi des autres fourrures : il s'agit de l'activisme des écologistes contre la chasse aux blanchons (jeunes phoques), campagne qui a entraîné un mouvement de révulsion non seulement à l'égard de la fourrure de phoque, mais également envers les autres fourrures.
La conséquence fut. Que la compagnie de la Baie d'Hudson y a perdu une partie de sa raison d'être qui est d'acheter des fourrures dans le Nord afin de les revendre sous forme de manteaux, de toques et d'étoles dans les grandes villes.
Et cette fois sans lutte épique comme au temps de la Revillon Frère elle céda la place et ses intérêts à une société qui s'occupa principalement d'alimentation et de marchandises générales. Il faut bien dire que ces actions des écologistes ont causé un tort majeur au gagne-pain des cris et des esquimaux. Grâce à un départ modeste donné par la Fédération des Coopératives du Nouveau-Québec, le XXe siècle se termine par une stupéfiante montée en flèche de l'économie cris et esquimaude, chaque groupe possédant sa propre Société aérienne et des hôtels.
Une partie de l'argent des redevances versées par Hydro-Québec en liaison avec l'exploitation hydroélectrique a été investi par les Cris dans une société de camionnage très prospère. A cet égard, la situation est différente au Nouveau-Québec esquimau: comme les développements hydroélectriques n'ont pas encore touché les cours d'eau des régions à toundra du Nouveau-Québec, aucune route n'y a encore été construite et le réseau routier s'arrête à 500 km du détroit d'Hudson. Ceci a entraîné une évolution économique différentielle pour les deux Nouveaux Québec.
Cette situation ne fait que confirmer le décalage observé dans le domaine religieux et dans les autres domaines plus anciens de l'économie moderne. La toute dernière innovation au développement est la mise en exploitation d'une mine pour l'extraction du nickel. Ce projet semble devoir donner les meilleurs résultats dans le cadre actuel de l'Extrême-Nord du Nouveau-Québec.
V- Histoire religieuse
Celle-ci a suivi un cours parallèle pour les Cris et les Esquimaux du Nouveau-Québec, c'est-à-dire que, dans la foulée des commis de la compagnie de la Baie d'Hudson, les missionnaires anglicans se sont installés d'abord dans les postes cris, puis plusieurs décennies et même avec un siècle et plus de décalage, c'est-à-dire essentiellement, au début du XXe siècle.
Le pasteur Evans, afin de mieux propager l'Évangile et surtout la Bible, a mis au point le système d'écriture syllabique qui est l'équivalent de la sténographie communément utilisée partout.
Plusieurs décennies plus tard, cette écriture a été adaptée à la langue esquimaude qui comporte plusieurs sons qui sont absents en cris tels le r franc, le kr et le rkr.
Ainsi, au milieu du XIXe siècle, la totalité des Cris était convertie à la religion anglicane. Ils furent suivis par les Esquimaux dans le premier quart du XXe siècle, avec un décalage de 4 à 6 décennies, imputable à une installation décalée des missionnaires anglicans, dans les régions côtières esquimaudes.
Le Nouveau-Québec présentait donc une unité religieuse anglicane parfaite au premier quart du XXe siècle, pour ses deux ethnies principales.
Toutefois, cette situation a été partiellement modifiée par l'arrivée et l'installation des Oblats de Marie Immaculée dans les postes cris de la baie James, entre 1923 et 1960, dans les trois postes québécois du détroit d'Hudson et les deux postes septentrionaux de la mer d'Hudson, entre 1935 et 1938.
Malgré leur dévouement, les missionnaires catholiques n'ont pu inverser la situation religieuse, même s'ils ont converti un certain nombre d'Esquimaux dans deux postes sur le détroit d'Hudson.
Pour être équitable, je voudrais mentionner les apports civils les plus remarquables des deux grands groupes religieux du Nouveau-Québec.
Aux Anglicans, les Cris et les Esquimaux doivent la création de l'alphabet syllabique de type sténographique et aussi leur première alphabétisation dans ce mode d'écriture qui avait toutefois l'inconvénient de les écarter de l'alphabet dominant du monde occidental.
Les Oblats quant à eux, ont édifié à Fort-George ou Chichasipi le premier hôpital et la première école pensionnat au Nouveau-Québec ; de plus, ils ont mis sur pieds et exploité la seule ferme du Nouveau-Québec qui a été la plus septentrionale du Québec sous le 55e de latitude ; ils ont en outre fait venir le premier médecin résident du Nouveau-Québec.
Pour ce qui est du Nouveau-Québec esquimau, c'est un Père Oblat qui a directement contribué à la création en 1960 du système coopératif et de la Fédération de Coopératives du Nouveau-Québec.
Deux Pères Oblats ont élaboré une grammaire et un dictionnaire cris et une grammaire et un dictionnaire esquimaux.
Au total, le XXe siècle se termine avec un anglicanisme prédominant à près de 100% chez les Cris et à environ 90% chez les Esquimaux et environ 10% pour les catholiques.
Les missionnaires ont laissé des contributions socio-économiques hospitalières et linguistiques importantes dont ont bénéficié les Cris et les Esquimaux.
Dans le domaine religieux la prédominance anglicane demeure donc le fait majeur du XIXe au XXe siècle.
VI- Histoire administrative
Derrière ce titre peu engageant s'inscrit le chapitre le plus passionnant de l'Histoire du Nouveau-Québec.
Pour synthétiser à l'extrême, précisons que de 1713, année du Traité d'Utrecht à 1912, année de l'incorporation du Nouveau-Québec au Québec, ce territoire au moins deux fois grand comme la France et avec une densité de population de moins1 habitant au kilomètre carré avait été confié à la tutelle de la compagnie de la Baie d'Hudson dont le rôle administratif a été voisin de "0" dans tous les domaines.
De 1912 à 1950 le Gouvernement du Québec n'a envoyé aucun fonctionnaire dans ce nouveau territoire qui lui était dévolu ; le Gouvernement du Canada a quant à lui ouvert quelques postes de gendarmerie pour une surveillance très lâche du territoire, mais l'administration en tant que telle, ne faisait pas partie de sa mission.
Dès lors, de 1763 à 1950 environ, le Nouveau-Québec n'a pas été sous-administré, mais plutôt non administré.
Les Cris et les Esquimaux étaient laissés aux soins commerciaux de la Cie de la Baie d'Hudson ou aux soins religieux des Missions anglicanes ou catholique : il est vrai que chez les Cris, le Gouvernement du Canada payant un forfait pour chaque élève cris inscrits aux deux pensionnats de Fort-George aujourd'hui Chisasiki.
Entre 1950 et 1960 le Gouvernement du Québec commença de façon imperceptible à se tirer de sa nostalgie en mettant en place 3 agents de la Sûreté du Québec, l'un dans la région de la baie ou golfe d'Ungava et l'autre sur la côte est de la mer de Hudson.
A partir de 1960, ce territoire, pratiquement laissé à lui-même, allait devenir l'enjeu, quasi simultané, d'une prise en charge des populations qui l'habitaient, par 2 Gouvernements : celui du Canada et celui du Québec.
Le Gouvernement du Canada donna le coup d'envoi en 1960 par l'ouverture simultanée de 6 écoles primaires au Nouveau-Québec esquimau, avec l'anglais pour langue unique d'enseignement.
Alerté par quelques spécialistes et par ses plus importants quotidiens de langue française, le Québec s'est soudainement rendu compte que cette initiative dans le domaine scolaire allait entraîner deux gravissimes conséquences : d'une part, le génocide culturel, à moyen terme, des Esquimaux du Québec et, d'autre part, le fait que, dans une décennie, le français deviendrait exclu de facto au Nouveau-Québec qui a deux fois la dimension de la France.
Pour parer à ces deux conséquences néfastes une double réponse s'imposait de la part du Gouvernement du Québec : d'une part, créer, le plus rapidement possible, un réseau où l'enseignement serait d'abord donné en esquimau, avec introduction progressive du français et aussi de l'anglais et, d'autre part, l'implantation de fonctionnaires dans chacun des villages, afin d'y marquer la présence de l'État québécois et de la langue française.
Ce double programme a été pour l'essentiel réalisé en 5 ans et au cours des années, il a été complété par la prise en charge des services de santé, l'établissement du cadastre, l'application aux Esquimaux de tous les avantages sociaux du Québec, et par l'installation de nouveaux groupes électrogènes plus puissants.
Le résultat est que le génocide culturel de bonne foi a été contrecarré en grande partie, par le choix de programmes scolaires dans leur langue ; le système scolaire concurrent existe cependant toujours, mais il a finalement introduit de l'esquimau et du français dans ses programmes.
Du fait de son implication décisive au Nouveau-Québec, le Québec a montré qu'il était chez lui au Nouveau-Québec en y affirmant, par la même occasion, les droits de la langue française.
Telle est donc la situation à la fin du XXe siècle, dans un territoire qui en quelques années est passé de l'état de non administration à un état de double administration, mais c'est un bien ou mal nécessaire selon le point de vue o<u l'on se place.
L'implantation du Québec au Nouveau-Québec indien ou amérindien s'est faite à un rythme différent et par des moyens différents.
Celle-ci s'est effectuée par les gigantesques aménagements hydroélectriques de la région de la Baie James après la signature d'ententes avec les Cris dont les territoires de chasse étaient affectés par la construction des futurs barrages.
CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Au terme de ce survol historique qui nous a conduits de la fin du XVIIe siècle aux portes du XXIe siècle, on peut se demander quelles seront les principales tendances dans l'évolution de l'Histoire du Nouveau-Québec.
--- On est fondé à croire que le domaine militaire est clos à jamais.
--- Dans le domaine religieux on peut prévoir une stabilité quant à la situation majoritaire de l'anglicanisme et minoritaire du catholicisme, avec une poussée insistante de groupes religieux comme les Témoins de Jéhovah, les Adventistes, et d'autres encore, animés par des prosélytes américains.
--- Dans le domaine économique, on peut prévoir l'aménagement hydroélectrique des cours d'eau les plus septentrionaux du Nouveau-Québec, c'est-à-dire ceux qui se déversent dans la mer d'Hudson et dans la baie ou golfe d'Ungava.
Conséquemment, et accompagnant ces grands travaux, le réseau routier atteindra la zone de toundra franche, ce qui permettra aux Esquimaux de rattraper leur retard économique, y compris, dans les transports terrestres.
L'avenir du transport minier est théoriquement très prometteur, mais son avenir réel est nimbé de mystère, car il y a trop de paramètres contradictoires. Mais il y a toutefois cette exploitation de nickel à la pointe nord du Nouveau-Québec.
De plus les secteurs coopératif et touristique continueront à progresser. Pour synthétiser on peut entrevoir deux points centraux : d'une part, les acquis actuels vont se consolider et s'affirmer davantage et, d'autre part, le développement du Nouveau-Québec se septentrionalisera mais dans des conditions climatiques presqu'aussi dures qu'en Sibérie.
--- Dans le domaine administratif
Ce secteur est lié de toute évidence aux décisions que le Québec prendra relativement à son avenir.
Cependant, je suis en mesure d'affirmer que le principe d'action et d'intervention du Québec au Nouveau-Québec, depuis 1963, perdureront tout au long du XXIe siècle dans le respect de la langue et de la culture esquimaude et cries avec une présence affirmée de la langue française.
On peut aussi prévoir une participation de plus en plus importante de ces deux ethnies à l'administration de leur territoire.
Quant à la double administration actuelle, il n'est ni souhaitable ni opportun qu'elle se perpétue trop longtemps, mais de plus en plus de services canadiens sont administrés par le Québec et il y a à l'horizon une option qui réglera le problème.
REGARDS SUR L'AVENIR.
LA SCULPTURE CRIE ET ESQUIMAUDE
Au terme de cet exposé, il convient enfin de jeter un regard sur l'avenir de la sculpture crie et esquimaude. Les tendances que l'on peut entrevoir sont les suivantes :
--- Pour la sculpture esquimaude, celle-ci a la cote, depuis la dernière moitié de ce siècle, et on peut estimer que cette cote va se maintenir durant de nombreuses décennies, face à l'art cri, qui s'est développé de façon anémique, avec un nombre limité d'artistes.
Il y a aussi le fait que le bois n'est pas considéré comme une matière noble, vis-à-vis de la stéatite et de l'ivoire et même de l'andouille de caribou.
Plusieurs questions se posent touchant aux 2 types de sculptures.
La sculpture esquimaude continuera-t-elle à jouir de la faveur soutenue du public ? Les artistes cris pourtant très originaux feront-ils les efforts nécessaires pour s'affirmer malgré le manque de noblesse du bois ? Et les musées auront-ils le courage de s'intéresser objectivement à la sculpture crie ?
Les Esquimaux, c'est-à-dire les artistes eux-mêmes, sauront-ils éviter le piège de la répététivité des pièces et des thèmes conduisant à une certaine "décadence" de l'art esquimau.
Je terminerai ces réflexions par deux vœux : l'un est à l'endroit de la sculpture crie pour qu'elle s'affirme, avec originalité dans son matériau d'origine qui est le bois qui doit conserver ses titres de noblesse ; l'autre, est à l'endroit de la sculpture esquimaude pour que les écoles de sculpture des postes du Nouveau-Québec évitent le danger, déjà présent de la production en série.
Terminé à Northampton
Le vendredi, 10/10/1997
Texte rédigé à Rennes
Le mercredi 5 et le jeudi 6 octobre 1997
