Si l'on admet qu'un problème philosophique se situe au niveau de la théorie, on peut se demander comment le résoudre: et d'abord en quoi consiste une solution à un problème de cet ordre.
Résoudre un problème
philosophique, c'est voir clair, c'est nuancer la pensée, apporter des
distinctions éclairantes, c'est mettre en évidence, (…)c'est faire voir
Pour cela, il existe plusieurs méthodes utilisées par les grands penseurs…. filosofia in Italia
Sur la dissertation comme examen final de philosophie
Un département de philosophie vient de demander à un collègue de faire des recherches sur la dissertation philosophique. Cette initiative me semble opportune au moment où l'on demande comme examen, au terme de chaque session, une dissertation de 750 à 900 mots.
La dissertation traditionnelle fut l'objet de beaucoup de travaux dans le passé. L'Université Laval, les cégeps de Maisonneuve et Montmorency, pour ne citer que les plus connus ici, ont publié des documents très valables et bien construits qui peuvent déjà être d'une grande utilité. On peut ajouter à cette liste le site de M. Cellier qui présente un grand nombre de modèles avec en plus un didacticiel sur CD. (http://www.mygale.org/07/philoso/)
Bien sûr, ces modèles convenaient parfaitement à l'ancien système qui mettait l'accent sur la formation littéraire. Mais on peut s'interroger sur la pertinence actuelle de cette forme d'examen. Les temps ont changé, la formation préconisée dans notre système favorise davantage la maîtrise des sciences naturelles et humaines. Il semble qu'un esprit nouveau anime les étudiants qui ont vécu cette nouvelle forme de formation. Compte tenu de cette évolution, il serait peut-être approprié que la première question à se posér porte sur la pertinence de la dissertation de type traditionnel comme examen au terme d'une session de philosophie.
Emmanuel Kant fait bien la distinction entre la connaissance de la philosophie et le devenir de celui qui philosophe.
Si nous appliquons cette distinction à la situation présente, pourrait-on dire que la philosophie qui se rencontre dans les cafés, salons, forum relève de la seconde forme? Ne pourrait-on pas dire qu'il s'agit de la philosophie en marche, de celle qui se fait, même si elle n'est, dans ces endroits, et à ce niveau, qu'au point de départ?
Car, il y a la philosophie écrite, celle qui a acquis suffisamment de systématisation pour prendre sa place dans l'histoire; il y a celle qui se vit; laquelle est, sous certains aspects, aussi importante puisqu'elle pose en termes actuels les interrogations concernant la condition humaine.
A mon avis la méthode didactique devrait tenir compte de ces deux aspects de l'apprentissage, tout en respectant les principes fondamentaux de l'apprentissage que sont par exemple: l'acquisition de l'information, la transformation de cette information et sa vérification. Si, mutatis mutandis, la tâche que nous imposons à l'étudiant respecte ces données, alors on peut penser qu'un esprit s'acquiert qui est celui de la philosophie. Ce qui n'est pas simple et demande beaucoup de travaux préalables.
(rem. Il y a quelques années, Jean Fourastié notait que les étudiants en science, au sortir de l'université, ne possédaient pas l'esprit scientifique. Tout simplement parce qu'il n'avaient pas vécu l'expérience scientifique, mais seulement appris des connaissances scientifiques toutes faites...)
C'est pourquoi, à mon avis, la philosophie de café n'est pas sans valeur puisqu'elle véhicule certains aspects de la philosophie en marche, qu'elle pose à sa façon les problèmes réels, à ce qu'il semble, de la condition humaine, et peut ainsi s'imprégner de l'esprit philosophique.
